• littérature : 1er livre de Frédéric Vincent


     

     
     
     
     « la dimension initiatique est l'outil essentiel qui permet au maçon de trouver un sens à son existence et d'insérer ce sens dans celui d'une humanité marchant vers l'émancipation. » © le grand-orient de France.

     

    J'ai le plaisir aujourd'hui de vous présenter un jeune philosophe-sociologue, un ami que j'ai connu étudiant à l'Université de Metz. Entre-autre choses ce passionné de Nietzsche a sorti cette année son premier livre, sa thèse, le travail d'une vie à venir en quelque sorte : « le voyage initiatique du corps –vers une philosophie du lien- » tel est le nom de la bête curieuse. L'auteur a voulu transmettre au sein de ses 157 pages, sa vision personnelle de l'initiation du profane au sein de la loge maçonnique, du lien ou « besoin de reliance » selon ses propres mots, entre l'homme et son corps, enfin la possibilité grâce à l'outil et au savoir, de s'élever spirituellement.

    Mon désir ici est de retranscrire de façon résumé l'essentiel du livre sans passer par le schéma du commentaire-type que les conventions force à nous faire adopter pour les raisons qui sont les miennes, à savoir que je peux être clair sans suivre de structure pré-imposée ; que je n'ai pas envie de le suivre, ou encore que j'en suis pas capable tout simplement. De la manière de travailler un texte de philosophie j'en ai dejà expliqué les grandes lignes sur mon blog lors d'un précédent billet (cf. du non-intérêt d'un trop long texte philosophique) et je le ferai encore. Ce n'est pas perdre la face que de reconnaître mes faiblesses mais bel et bien faire preuve d'une totale lucidité, de sagesse et qui fait de moi un bon philosophe… peut-être même un excellent sujet d'analyse quand aux préceptes inculqués lors de l'initiation décrite dans le travail de Frédéric Vincent : une immersion totale du corps, de l'esprit et de l'âme dans ce qui constitue –pour illustrer- les douzes travaux d'Hercule ; le profane qui passe une série d'épreuves et tend à s'humaniser en se tenant debout, tel « le sujet primitif » qui devient Homme dans toute sa noblesse, se redresse voit la lumière de plus haut, il se meut, accepte de laisser derrière une part de son être imparfait, perd de sa médiocrité pour gagner en grandeur. Voilà en quelques lignes ce que je pense être le résumé de ce que j'ai compris, de ce qui m'a bouleversé dans ces pages, à moins que je fasse erreur je l'écris tel que je le ressens et dans le ressenti je ne trouve que l'exactitude de ce que mon cœur me pousse à dire, il n'y a donc pas de place pour le hors-sujet et de cette lecture il ne saurait en être autrement.

     

    Dans les premières lignes qui suivent je vais en toute conscience faire ma langue de vipère et décrier les pages introductives du livre (et ç'est là le début de mon commentaire) comme une copie-double d'un étudiant de philosophie qui planche sur un sujet de 4 heures en usant de sa bonne volonté à utiliser lieux communs, vocabulaire et autres généralités. En bon élément, l'élève Vincent fait preuve de clairvoyance dans son propos, structure son devoir avec des exemples, étaye ses idées en usant d'arguments divers, ficèle sa rhétorique… et j'en finirai ici de ces mots, de mon quart d'heure de pamphlétique aigri. L'introduction et toute la première partie présentent la franc-maçonnerie comme étant le lieu de vie fraternel, laïque et de pensée constitué d'hommes et de femmes qui cherchent non pas à changer le monde dans les formes mais à y contribuer un peu tout les jours : « ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité…/… pour but le perfectionnement de l'humanité…/… l'amélioration constante de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. »

     

    C'est réellement à partir du second chapitre que la magie opère. Avec des termes choisis, l'auteur indique pas à pas et pages après pages ce qui attend le futur appenti dans le rituel proprédeutique qui lui est proposé. Je suis agréablement surpris de la bibliographie utilisée, que ce soit les écrits de nos anciens professeurs universitaires que d'auteurs classiques. Je découvre un auteur pleins de ressources qui ne se contente plus de ne citer comme ultime référence Niezsche, Niezsche, Niezsche longtemps utilisé à toutes les sauces dans ses écrits. Un humain très humain, qui donne dans le concret de ses exemples au niveau contemporain, afin d'être compris de tous. Le corps comme objet de reliance dans toutes les facettes de la vie quotidienne, au bureau, dans la rue ou en discothèque. Soudain j'ai peur car plus j'avance dans l'écrit plus je me dis « il va trop loin » dans le détail, dans la précision… quitte à faire tomber les barrières, pourquoi n'en garde-il pas sous le pied ? L'auteur décortique très clairement les rituels, les cérémonies, la façon-de-faire  dans le processus initiatique. Plusieurs fois j'ai eu envie de stopper ma lecture de peur de trop en apprendre… Si par exemple je voulais moi, (soyons fous on ne sait jamais) faire la demande que de rentrer en franc-maçonnerie, en lisant un tel brûlot, j'en saurai dejà trop sur la chose, n'en jetez plus ! Il n'y a aucun doute, l'auteur sait ce dont quoi il parle ! Je regrette cependant l'« explicit lyrics » qui devrait apparaître en introduction du premier chapitre, car une fois lancé dans ma lecture il est vrai que j'ai du mal à m'arrêter, poussé par cette passion dévorante, l'envie d'en savoir davantage même si l'on sait que c'est pas bien… Braver les interdits, lever les tabous… Serait-ce l'ultime but du livre ? Ce qui a poussé l'auteur à l'écrire ?…./…

     

    Je vois là une tentative délibérée, risquée -à mon sens- maladroite mais néanmoins assumée, de vulgariser l'objet de fantasme et de rumeurs que peut constituer une loge maçonnique, l'auteur provoque le lecteur profane et encore plus LE franc-maçon averti en dévoilant suffisamment de choses quand aux cérémonies sans pour autant trahir un secret, à jouer avec l'imaginaire en appuyant ses arguments sur des faits concrets sans pour autant se brûler les ailes… le tout avec une honnêtetée non-dissimulée totale de révéler sans tromperie et dans le but de rassurer la masse populaire qui croierait encore à des quelquonques légendes urbaines leur soufflant à l'oreille des mots tels que « secte » ou « manipulation ». Entendons-nous bien il est beaucoup plus facile de sortir de la franc-maçonnerie que d'y entrer… Une secte c'est tout le contraire !

     

     

     
     

     

     

    Franck Schweitzer

     

    Commentaire libre inspiré de l'ouvrage de Frédéric Vincent « le voyage initiatique du corps » paru en mai 2009 aux éditions Detrad.

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