•  Elegy

     

     

     L J ; elle gît ; élégie

    Traduit du grec “elegos” qui signifie plainte, issu de prières et d'hymnes religieux, ce poème est un chant de mort dont la forme alterne entre hexamètres et pentamètres. Datant de l'Antiquité grecque et latine, l'élégie n'est pas un genre littéraire mais une forme littéraire. Ses thématiques tournent toujours autour de la fuite du temps, de l'amour, de la mort, la mélancolie. Elle est féminine, d'une longueur variable caractérisée par un ton plaintif, chantée la plupart du temps par ceux qui la perçoive. Utilisée comme une expression lyrique à la souffrance, l'absence d'un être cher, la perte d'un ami, d'un membre de sa famille... Elle dénonce la mort plutôt qu'elle la sublime, dans le seul but d'attirer la pitié.

    Ce chant accompagna généralement sacrifices, rites et cérémonies. Le poète Callinos considéré comme étant le père de cette forme littéraire metta en avant l'aspect commun des élégies qui n'est autre que l'impersonnalité du message délivré sans que jamais son auteur ne tombe dans la subjectivité. Tyrthée, Solon et d'autres suivirent le pas. Tyrthée précisément ou comment l'oeuvre de l'homme ressembla à des fragments alternés et inégaux, de longueurs plus ou moins importantes, il chante la valeur et la bravoure guerrière ainsi que le malheur des vaincus. Le message se socialise et se politise, presque un objet verbal de propagande à la criée !

    Ce n'est qu'au IIIe siècle que naquit l'élégie hellénistique, elle qui maria si bien la fable mythologiques avec le sentiment amoureux ; Callimaque de Cyrène et Philétas en furent les figures de proue. C'est cependant l'élégie romaine qui exploita définitivement les sentiments amoureux et provoqua sans doute la mise à mort de l'élégie originelle ; plaintive, mélancolique mais tellement belle.

     

    Franck Schweitzer.

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    cliché personnel, vue cimetière de l'Est, METZ (c) Franck Schweitzer. Tout droits post-mortem réservés
     
     … Je hais les testaments et je hais les tombeaux
    Plutôt que d'implorer une larme du monde
    Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
    A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde...
    Charles Baudelaire, les fleurs du mal, 1861
     
     
    Il existe dans les sociétés primitives à l'aube même de l'histoire voire avant, un culte du mort caractéristique de l'espèce humaine. L'on prend parfois bien plus soin des morts que des vivants, on les honore, on les pleure et on laisse l'âme reposer en paix, souvent dans l'univers fantastique n'entendons-nous pas cette célèbre phrase venue d'outre-tombe “qui ose troubler mon repos ?”... il est un fait que les morts ont droit au repos éternel.
    La mise du corps en terre remonte donc aussi loin que la préhistoire, avant même que l'homme n'ait inventé l'écriture, on “gardaient” les morts au milieu de habitations des vivants en marquant le sol d'une stèle et l'on dressaient déjà des nécropoles pour les chefs de clans et enfin des siècles après, pour les personnalitées religieuses on les enterraient avec des objets de quelquonque valeur symbolique ; ce qui explique en partie le pillages des tombes... déjà !
    Avec le Moyen-Age et l'avènement du christianisme, les cimetières devinrent une terre sainte souvent rattachés aux paroisses. Ainsi étaient considérés comme excommuniés les suicidés notamment : de tradition chrétienne celui qui s'ôte la vie ne mérite pas le paradis, Dieu étant seul juge de qui doit mourir et à quel moment. Les suicidés n'avaient de ce fait pas le droit de reposer au cimetière, leurs corps étaient mis en terre sans aucune cérémonie religieuse et aux portes de la ville, dans une fosse commune.
    A notre époque contemporaine, on ne parlera plus de pillage de biens matériels comme au temps de nos ancètres, mais bien de profanation ; autrement dit l'ouverture volontairement forcée de tombes sans qu'il n'y ait d'ailleurs de but précis mais uniquement pour choquer les consciences, déranger le repos des morts et bouleverser profondément l'endeuillement des familles. Cet acte devenu sacrilège avec le temps transcende la simple question du profane et du sacré et devient un enjeu judiciaire et politique lorsqu' trouble l'ordre public, les moeurs, la morale et l'individu lui-même. La dégradation prend un tout autre essor cette fois-ci beaucoup plus grave parce que puni par la loi, lorsqu'il s'agit de profanation de cimetières juifs dont les principaux responsables sont toujours des groupuscules néo-nazis ou encore des sectes sataniques.
     
    Le dernier point pour conclure touche quant à l'expansion géographique des villes et les contraintes définies par le Code de l'urbanisme pose un réel problème quant à l'édification de cimetières. Le problème soulevé par Philippe di Folco dans son “dictionnaire de la mort”  touche les cimetières du futur notamment sur la toile, perdront de leur humanité et de leur sacré si j'ose dire puisqu'il suffira de se connecter via un site web et payer en ligne sa gerbe de fleur et observer quelques minutes de recueillement tête baissé devant son écran d'ordinateur... C'est malheureux d'en arriver là mais cela nous pend au nez !
     
     
    LEXIQUE..... VOCABULAIRE :
    Tumulus : élévation de terrain formé par l'accumulation de terre et/ou de pierre au-dessus d'une sépulture
    Fosse commune : tranchée creusée dans le sol et destinée à y entasser des cadavres
    Tombe : l'endroit où est enterré le mort après les funérailles
    Tombeau : lieu bâti, creusé dans la roche où se trouve la sépulture ; le terme s'applique aux édifices funéraires isolés et aux tombes de personnalitées importantes
    Mausolée : monument funéraire de grande dimension
    Cénotaphe : monument élevé à la mémoire d'une personne ou d'un groupe mais qui ne contient pas de corps ; étymologiquement, du grec kenos “vide” et taphos “tombe”
    Enfeu : tombe encastrée dans l'épaisseur du mur d'un édifice religieux, généralement réservé aux nobles
    Mémorial : monument servant à commémorer un évènement ou à honorer une personne décédée (statue, fontaine ou plus souvent une pierre tombale)
     
    MON RESSENTI... MES SOUVENIRS :
    Petit, j'ai toujours été admiratif des cimetières, leur quiétude, cet instant où tout s'arrête, où le silence se lit sur nos lèvres, où nos douleurs semblent s'apaiser... Mon expérience de cimetière, je ne la dois pas seulement aux nombreuses personnes proches que j'ai accompagné lors du dernier voyage mais aussi à tout ces moments de passages où seul en grandissant je me plaisais à retourner, et encore aujourd'hui, plus en basse saison qu'en plein été : de la fin septembre à la fin février, le vent glacial, la nuit qui tombe rapidement, la brume, la neige... Tant d'éléments de lieux communs sortis de l'imaginaire gothique dans n'importe laquelle des références que l'on connait (littéraires, cinématographique, musical...) et encore petit, je me suis toujours senti coupable de ne pas y aller plus souvent voir ces morts, je me demandai s'ils me voyaient de là où ils étaient... Et puis cet éternel énigme de celui qui git ! Me voit-il de là-haut ? Le paradoxe absurde, l'antinomie dans la tradition catholique qui enterre ses morts en-terre (!!) précisément, alors que le paradis se trouve en haut en toute logique selon les saintes écritures. Sous terre, se trouve l'enfer si je suis la logique chrétienne, serait-ce le corps-putride, sale, impur qui descend aux enfers et l'âme, l'esprit qui rejoint le ciel ??... Le débat reste ouvert : Vous en pensez quoi, lecteurs et -trices ?
     
     
    sources : wikipedia      Dictionnaire de la mort (P. Di Folco)         Dictionnaire Larousse, édition 2004
     
    Franck Schweitzer.
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     “Alors cet espace autour de moi
    Ce vide, cette lumière c'était donc toi
    Je savais qu'un jour je finirais à force d'y croire à te retrouver
    Ma chance c'est que t'es là devant moi
    Alors cette fois je veux rester
    Ne plus croire que si j'aime, on va m'abandonner
    Comme je t'aime... Mon ange”
    Nathalie Cardone, 1999
     
     
    En langue latine, grecque, hébraïque ou arabe, l'ange est le messager de Dieu pour les hommes, sur Terre (ange gardien) comme au ciel (intermédiaire au Paradis) et est l'une des figures du paradis présente dans les trois religions monothéistes ; d'un nombre très élevé, plus puissants que les hommes et comparables à des esprits, ces êtres célestes sont pourvus d'ailes blanches la plupart du temps, ne se nourrissent pas et ne parlent pas, surdoués ils communiquent entre-eux par la simple pensée. Leur représentation visuelle d'avec des ailes n'arrivent qu'au IVe siècle et résonnent dans l'inconscient collectif au-delà même du sentiment religieux.
     
    Selon le philosophe Denys l'Aréopagite il existe une hiérarchie de 9 choeurs regroupés en trois catégories :
    - premier degré
    les séraphins (six ailes leur recouvrent le corps, leur but étant la purification de l'âme), les chérubins (ces bébés ailés, montrent à Dieu ceux qui doutent) et les trônes (porteurs de la justice divine)
    - second degré
    les dominations (transmettent aux entités inférieures les commandements divins), les vertus (on les invoque pour se redonner force & courage) et les puissances (travaillent au rapprochement du divin et de l'humain)
    - troisième degré
    les principautées (dirigent et éclairent les archanges&les anges), les archanges (chargés des nouvelles des plus importantes) et les anges (ou ange-gardien)
     
    Dans son Dictionnaire de la mort, Philippe Di Folco dit que l'ange “incarne la possibilité de l'immortalité de l'homme et le console de l'angoisse de la mort.”  Qui sont ces messagers silencieux aux sourires mutins, invisibles à nos yeux et pourtant bien présents près de nous ? Les verront-nous s'illuminer le jour venu où notre âme se détachera de notre chair ? Le grand mystère reste entier : personne n'en est jamais revenu pour nous le dire et la question reste ouverte pour l'éternité...
     
    Franck Schweitzer
     
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     « hallow » vient de l’anglais SAINT.

    Remontant avant le début de notre ère à la fête celtique de Samain, la fête des morts s’est enrichie au cours des siècles de croyances provenant de la Rome Antique de l’Europe du Nord et d’Irlande. Au XIXe sous l’influence des irlandais la fête a été importée aux Etats-Unis où celle-ci est devenue très populaire. Aujourd’hui, chargée de traditions, elle revient en Europe. Les Celtes pensaient que les mauvais esprits profitaient des nuits pour venir tourmenter les vivants. Avec ce changement les craintes ancestrales de la nuit se réveillent. On dit que le monde de la nuit n’appartient plus aux vivants mais à des êtres surnaturels.

    Les Gaulois étaient les plus riches et les plus nombreux des peuples Celtes. L’année gauloise se terminant à la fin de l’été (ce jour correspond aujourd’hui au 31 octobre). La légende veut que les fantômes des morts se mélangent aux vivants. Une des croyances associées est de laisser de la nourriture aux portes des villages et l’offrir aux fantômes afin d’apaiser leurs esprits, d’où la métaphore aujourd’hui des enfants déguisés venant faire du porte-à-porte « un bonbon ou un sort » ! A ce dernier jour de l’année, on supposait que les esprits pouvaient faire une brêve visite à leurs parents alors que le dieu de la mort tentait de rassembler les âmes de ceux qui étaient décédés durant l’année afin de leur révéler leur sort. © joyeuses-fêtes.com/

    Elle est loin l’époque où l’on fêtait Halloween comme il se devait. Nous étions un petit groupe d’ami(e)s et moi-même à se retrouver les uns chez les autres pour se préparer, nos vieux réflexes gothiques aidant remontaient à la surface à cette période, maquillage blanc rouge sang et noir, vêtements sombres –robe, chemise a jabot, dentelles, clous, rangers…- rien n’était fait à moitié. Une fois parés nous partions à quelques kilomètres de là débuter la soirée dans un bar, une table de 13 personnes nous attendait déjà ! nous discutions de tout et de rien dans une ambiance bon enfant, alcool, billard, musique et fous-rires garantis. La soirée se prolongeait généralement à la rockothèque du coin, on se trémoussaient sur Téléphone, Indochine mais aussi The Cure, Depeche Mode ou encore Sisters of Mercy.

    Il y eu aussi tout ces 1er novembre, ces lendemains brumeux où l’on se retrouvaient sur la tombe de nos anciens, emmitouflés dans nos chandails et nos vestes strictes… trop strictes ; qu’entre deux prières intérieures, nous échangions regards en coin et sourires, tants de mots de passe silencieux, en référence à la soirée de la veille, les 31 octobre… Tout ces foutus 31 octobre qui passent trop vite. On aimerai que cela ne s’arrête jamais, tellement on est bien ensembles. Il régnait cette ambiance de bien-être familial qui s’est peu à peu perdu au fil des années au rythme des mariages, des naissances et des vies d’adulte tout simplement… on ne devrait pas laisser tomber ces instants dans la tradition, néanmoins le souvenir de ces soirées restent gravés profondément telle une richesse inaltérable dans nos esprits. Et si l’on devait rejouer l’histoire, sans user de la nostalgie, le charme en serait-il rompu ? … pas si sûr !

    Franck Schweitzer.

     http://www.youtube.com/watch?v=xpvdAJYvofI

     http://www.youtube.com/watch?v=oYrNnITRIps

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     En littérature tout comme au cinéma, les vampires sont devenus des structures mentales de référence et au travers de l'altérité du monstre, une partie de nous-même nous est révélée & mise en scène. L'idée ici est de rapprocher deux personnages de l'histoire qui nous effraie, nous fascine, nous répugne : le vampire et l'homme, ne font-il qu'un seul ? qui est le monstre assoiffé de sang ? (de)mostrar en espagnol signifie montrer ; le monstre-vampire nous montre donc qui nous sommes et qui nous devenons car le propre du mythe est d'évoluer, de s'accorder à la réalité sociale de manière à la représenter toute crue à travers toute son horreur.

    Sociologiquement il est fascinant de constater combien de thèmes rejoint cette créature imaginaire dans l'inconscient collectif ; le sang par exemple possède un rôle essentiel, c'est la seule nourriture qui puisse étancher la soif, pour cela le vampire doit se l'approprier coûte que coûte. Le sang possède plusieurs symboliques fortes ; il peut prendre son sens en tant que liquide nourricier et bienfaisant, mais évoque néanmoins la violence, la souffrance et la mort. Chez l'homme on parle de ‘soif de pouvoir' : jusqu'où certaines personnes sont capables d'aller pour obtenir ce qu'ils veulent quitte à éliminer physiquement dans le pire des cas tout ceux qui se mettent au travers de leur chemin. Le sang prend alors diverses connotations :

     

    En politique nous savons grâce à l'histoire que le sang a été le malheureux symbole de supériorité des ethnies ; par ailleurs dans les familles royales on parle de ‘sang bleu' pour distinguer l'élite de la populasse.  Plus généralement et dans un cadre familial fraternel, le sang est synonyme d'amour, de solidarité entre les êtres, on parle d'ailleurs de ‘lien du sang'. Enfin dans le Christianisme, la Bible évoque bien évidemment le sang du Christ, symbole tout-puissant du sacrifice, de la rédemption, de la pureté, de la vie éternelle ( ??!!) tiens tiens…

     

    "l'amour est éternel" : Dracula 1992, Bram Stocker

    L'évocation de la mort dans les histoires de vampires suscite depuis toujours angoisse et terreur, la mort n'étant acceptable que dans la mesure où elle ne reste qu'un concept abstrait. C'est ainsi que le vampire entretient bien plus qu'un simple lien avec la mort, c'est à la vie elle-même qu'il nous renvoie et à son expression la plus extrême, la vie éternelle. Si les vampires sont plus ou moins des êtres dominateurs, leur volonté n'est pas forcément de détruire et de s'opposer aux hommes. Nous le voyons encore aujourd'hui au cinéma notamment, le vampire loin de l'image du monstre assoiffé de sang qui faisait trembler dans les chaumières devient maintenant le héros –ou l'anti-héros de sa propre histoire, il est proche de sa victime, son psycho-profil d'être torturé et mélancolique est exploité plus que jamais, ses sentiments sont partagés, il peut aimer d'amour, il s'humanise et tend à demander le pardon.

     

    Dans le roman d'Arabella Randolphe « the vampire tapes » l'auteur décrit une philosophie qui remet en cause les notions du bien et du mal, les vampires seraient des êtres d'élite qui voudraient accéder au monde de la Lumière, et non des créatures démoniaques. Ce monde serait fermé aux hommes car prisonniers de leurs instincts et leur ignorance.

     

    Il serait presque trop facile de réécrire l'histoire, de dépeindre le portrait d'un personnage de fiction aussi sombre que légendaire. Si dans les histoires de vampires il sera toujours question de vie, de mort, d'amour… la façon d'appréhender les questions change dans la forme ; tout auteur à la possibilité d'influer un nouveau souffle au mythe en le traitant sous un angle différent, de la sorte que le mythe vampirique ne reste jamais figé et puisse s'accorder aux interrogations de l'époque.

     

    Franck Schweitzer.

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