• nostalgiques ? introduction

     

    nostalgique, moi ?

    Ce texte d'introduction est un chapeau à une nouvelle et longue série de textes faisant référence aux programmes jeunesse et personnalités de la télévision des années 70 à nos jours, j'écris à la première personne du singulier faisant appel à mes propres souvenirs d'enfant et d'adolescent, mais je pense que bon nombre d'adulescents s'y reconnaîtront aussi : Souvenez-vous aussi loin que cela est possible dans vos mémoires, le piquant d'un bonbon acidulé sur la langue, le moelleux d'un canapé trop grand où l'on se blottit sous la couette, une lumière tamisée dans le salon cosy de ses parents où vous vous trouvez, à quelques mètres de là crépite un feu de bois dans la cheminée : Douceur, légèreté, insouscience et excitation donnèrent à mes jeunes années -et aux vôtres- un goût incomparable à savourer longuement, si bien qu'à notre époque on recherche encore ces sensations alors que nous avons toutes et tous grandis, sommes devenus souvent nous-même parents accomplis, nous aimons nous replonger dans cet univers si particulier, la nouvelle génération ne comprennent pas cela, pire : on serait ringard ! Pourquoi ces parfums et ces musiques nous sont si chers, pourquoi lorsque le D.J. ose un « capitaine flam » à fond, des hourras font trembler en une fraction de seconde les pistes enflammées des night-clubs même les plus tendances ; Voyez les étoiles dans nos yeux lorsque nous revoyons Chantal Goya ou Dorothée faire leur revival (devenues entre-temps des icônes gays, mais çà c'est encore autre chose !) ; cette ambiance conviviale prend tout son sens lors des vacances scolaires et en période de fin d'année. J'ai - et nous avons - tous au fond de notre coeur un paysage enneigé paisible où l'on ressent un petit quelque chose lorsque scintille les guirlandes sur le sapin, l'odeur du pain d'épices et du chocolat chaud que l'on consommerait jusqu'à la lie, un épisode de Friends, une énième rediff du célèbre fou-rire de Denise Fabre devant les bétises de Garcimore, un De Funès déchainé, un théatre de boulevard, une crèche vivante qui nous redonne la foi même si l'on est le plus convaincu des agnostiques, un vieux cartoon Disney des années 30 en noir et blanc et j'en passe sinon je vais pleurer...

     

    La Télévision des années 80/90 fut une drogue hyper-addictive qui donnait vraiment envie de la regarder car ses programmes étaient de qualité. Programmes émaillés d'émissions cultes, de jeux, de jingles, de speakrines, de publicités kitch au possible, de dérapages en faux départ, les séquences d'ouverture et de fermeture des programmes, du 3615 code, de la mire, du carré blanc puis du rectangle rose et dans quelques instants la suite votre programme. J'ai le souvenir d'une télévision libre et libérée, de gauche, parfois émouvante, tantôt sérieuse, tantôt anarchique où presque tout était permis, on pouvait fumer et boire de l'alcool, les émissions étaient toutes en direct, les artistes chantaient en playback, on disait merde et on montrait son cul sans que ce soit censuré, « on ne peut plus faire çà aujourd'hui disent ou diraient les provocateurs d'hier : le saltimbanque Patrick Sébastien, l'homme en noir Ardisson, la sulfureuse Ciccolina, le trublion Dechavanne, le génie Gainsbourg, l'enfoiré Coluche, l'affranchi Balavoine, Le (gay) luron, l'intenable professeur choron et autres franchouillard Collaro...

    Je battai souvent mon propre nombre d'heures devant la télévision pendant la première partie des années 90 au cours des grandes vacances où il faut bien dire, je ne faisais pas grand chose à l'école et encore moins mes devoirs à la maison, de nature renfermé et angoissé chronique boulimique, je voyais en la télévision un espace immense de liberté où je me prenais souvent à dire « je veux être leur ami, être comme eux, jouer le même personnage, donner la réplique ». j'aimai m'inventer un monde imaginaire, mon désir d'évasion était une prison dorée où je ne laissai entrer personne ; pour mieux supporter ma sordide adolescence, pour pallier à une dépression toujours sur le fil. Toutes ces idées noires m'était inconnues quand j'étais gamin, j'étais beaucoup plus équilibré dans ma tête, un plus que ne peux comprendre là aussi le citadin ; j'ai grandi à la campagne et dehors, la forêt, les sentiers de terre, les champs et les prairies en fleur furent des terrains de jeux formidablement magiques où j'ai découvert la vie ; rien que pour çà je pense que je dois remercier mes parents. A l'aide d'une baguette magique, j'arrêterai le temps entre 1984 et 1991 : mes plus belles années, rétrospectivement mêmes si les suivantes furent pas mal aussi mais bon vous savez, les délices de la puberté et de l'adolescence... Aaah où sont passés mes 10 ans ? Nostalgique, qui ? moi ?

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