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..Et la spiritualité, bordel ?

 

Selon Andrea MarcoLongo diplômé de lettres classiques la suppression du sentiment de sacré dans la société contemporaine a pour conséquence le glissement moral et esthétique vers le bas. Il conduit généralement au désarroi collectif. Pour les Grecs la beauté d'une feuille ou d'un visage était sacré ; tout le reste relevait de la science. L'une des raisons que nous soyons tristes et apathiques c'est que nous ne croyons plus à grand-chose dixit Jean d’Ormesson.

La révolution religieuse de l'époque est une conception de l'homme qui lorsqu’elle s'efface, une autre prend sa place.

Cette idée traverse une grande partie de la pensée moderne. On la retrouve notamment chez Friedrich Nietzsche (avec le diagnostic du « nihilisme » après la « mort de Dieu »), ou chez Mircea Eliade (distinction entre sacré et profane)

 

On peut développer de plusieurs façons :

  • Moralement : le sacré introduit des interdits et des obligations qui dépassent l’intérêt individuel.
  • Esthétiquement : une culture orientée uniquement vers la consommation immédiate privilégie souvent le divertissement rapide plutôt que l’harmonie ou la contemplation.

Mais cette thèse rencontre aussi des objections importantes :

Certains soutiennent que la morale peut reposer sur la raison, l’empathie ou les droits humains sans référence au sacré ; d’autres rappellent que les sociétés fortement religieuses n’ont pas toujours été moralement exemplaires ni artistiquement supérieures.

 

La disparition du sacré transforme profondément la nature de la politique. Traditionnellement, une société tenait parce qu’elle reconnaissait quelque chose de supérieur aux intérêts individuels, c’est alors que plusieurs phénomènes apparaissent :

  • La politique devient gestionnaire : au lieu d’incarner une vision du bien commun, elle se réduit aux intérêts individuels.
  • Le langage politique s’abaisse : le débat tend vers le slogan, parfois la vulgarité.

Des penseurs comme Hannah Arendt craignait la disparition d’un monde commun stable où les hommes puissent juger et agir ensemble. Le « glissement vers le bas » peut alors désigner la perte de grandeur dans la représentation politique ; l’effacement des notions de devoir, d’honneur et de sacrifice ; enfin la difficulté à produire des élites !!

 

Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux radicalisent souvent cette dynamique parce qu’ils fonctionnent selon une logique d’attention immédiate. Dans une culture du sacré, certaines choses exigent de la distance, du silence, de la retenue… Les plateformes numériques favorisent presque l’inverse ; Alors que le beau demande souvent intériorité, les réseaux sociaux favorisent au contraire la stimulation rapide et l’outrance. Le succès devient quantifiable immédiatement par les vues et les « likes », ce qui pousse à produire du contenu toujours plus efficace.

 

Mise en scène du moi

Quand le sacré collectif décline, le profil personnel fonctionne alors comme une petite scène permanente : recherche de validation, performances inatteignables, dramatisation de soi.

Des auteurs comme Guy Debord avaient anticipé cette évolution avec l’idée de « société du spectacle ». Les réseaux encouragent souvent une morale de réaction immédiate : indignation, dénonciation, polarisation. Le jugement devient rapide et souvent ritualisé. Cela peut prendre une forme quasi religieuse, mais sans profondeur spirituelle ni pardon durable. Le plus intéressant est peut-être que le besoin de sacré ne disparaît jamais complètement. Il réapparaît ailleurs : la consommation à outrance par exemple ;  Autrement dit, la modernité ne supprime pas le sacré ; elle le désoriente.

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Synthètisé par Franck Schweitzer depuis l’I.A.

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