• et la théorie du complot devint la norme ...?!

     

    J'ai choisi de parler de la théorie du complot, de ceux qui y croient dur comme fer et qui en relayent les supposées vérités ; les lignes qui suivent donnent dans l'objectivité la plus stricte, sans parti pris d'aucunes sortes, ni procès d'intention, ce serait peine perdu de toute manière. Voici la synthèse d'un article de presse et interview croisée de Sophie Mazet (prof d'anglais) ; Bruno Fey (journaliste indépendant) ; Mathieu Foulon (sociologue). ; Emmanuel Kreis (docteur de l'Ecole Pratique des hautes études).., article publié dans le magazine Society.

     

    Quelle définition ? La théorie du complot c'est un récit concurrent de la version officielle, considérée comme mensongère. Le conspirationnisme est lui, l'attitude qui consiste à attribuer abusivement l'origine d'un événement à un complot.

     

    Quel origine et dans quel but ? Les Illuminatis, - organisation secrète « officiellement » disparue dans les années 1790 - Ce sont ces grands familles qui gouverneraient le monde depuis plusieurs décennies (Rothschild, Onassis, Rockfeller...) garderaient le pouvoir selon un plan rondement mené, elles n'auraient de cesse depuis la nuits des temps de diviser pour mieux règner et maintenir les populations dans l'ignorance pour mieux les contrôler et les asservir. L'assassinat de Kennedy, le premier pas sur la lune, le 11 septembre 2001 et aujourdhui la crise sanitaire sont autant de sujets dont la version officielle discutée, revisitée, bafouée... ceci ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres, ils sont légions. A quand le prochain ?

     

    Les gens qui croient à ces théories se sentent supérieurs aux autres, détenteurs d'un savoir secret inconnu des non-initiés. Ils ont l'impression d'avoir fait un travail d'esprit critique mais en réalité, qui repose sur une base fragile, car dès qu'il s'agit d'argumenter, il n'y a de place que pour le non-sens, la contradiction dans les termes, jusqu'au risible.

    C'est vrai que la théorie du complot a quelque chose de rassurant car elle explique le monde d'une certaine façon ; il est évidemment plus aisé de regarder une vidéo d'une heure trente d'Alain Soral sur youtube, que d'aller à la pêche aux infos dans des livres d'histoire, des biographies ou des journaux spécialisés. Il y a quelque chose de l'ordre de la paresse intellectuelle.

     

    Depuis l'avènement d'Internet, la théorie du complot est montée en puissance de façon incontrôlée. Le web est une caisse de résonance hallucinante à tout ces propos délirants. Les algorythmes sont contre nous ; lorsqu'on partage sur facebook du contenu anticonspirationniste, le réseau social vous suggère du contenu conspirationniste ! Certains médias sont responsables également ; on est désormais noyés dans un flot d'informations en continu et en direct (bfm tv, itélé...) la conséquence de cette hyper-information c'est qu'on ne va plus au fond des choses, c'est de l'information de l'ordre de l'inachevée, superficielle et parfois même inexacte. Résultat ? Certaines personnes viennent s'engouffrer dans la brèche.

     

    Pour conclure je dirais que le complotiste (ou la personne qui relaye ce genre de propos) n'est pas en paix avec lui-même ni avec les autres. Chaque parole, chaque événement devient suspect jusqu'à la paranoïa voire la folie. Le complotiste se coupe du monde, fait le vide dans son entourage, et sombre peut à peu vers une sorte de dépression dont il ne sortira jamais à moins d'un « électrochoc » !

     

    Comment lutter contre le conspirationnisme actuel et en règle général ?

    * Développer l'esprit critique, des méthologies généralistes et applicables à tout types de discours ;

    * Ne pas s'attaquer frontalement aux complotistes ;

    * Responsabiliser ceux qui profitent du conspirationnisme et leur faire prendre conscience qu'ils ont une responsabilité personnelle dans les propos qu'ils tiennent ;

    * Faire se rappeller d'une chose : Les vrais complots existent mais finissent toujours par être mis en lumière par la presse libre, les commissions d'enquête ; quant aux citoyens ils votent et expriment des changements.

     

    Ci-dessous un schéma illustrant la version officielle VS la théorie complotiste ; tel un exercice (non sans humour) utilisable à tout moment dès lors qu'une personne de votre entourage vous tient des propos abracadabrantesques sur un fait, un événement...

    et le complot devint la norme ...?! ou pas

     

    synthèse depuis un article du magazine © society #27

     

    Franck Schweitzer

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  • êtes-vous phobiques ?

     

    Disproportionnée par rapport à la réalité, la phobie est une peur irrationnelle, déclenchée par anticipation de la confrontation à un objet ou à une situation spécifique. Environ 15% des français sont phobiques, ces peurs sont classées en trois catégories : 7% pour les phobies simples (peur des animaux, insectes, de l'orage...) ; 4% de phobies complexes (agoraphobie, claustrophobie...) et 4% de phobies sociales.

    Pour rappel, ces peurs apparaissent à chaque fois comme des craintes, certaines deviennent excessives, irrationnelles puis chroniques. Parmi les plus anciennes peurs, les éléments naturels (le feu, l'eau..), corporelles (vomi, sang) jusqu'au plus récentes phobies sociales allant du commun à l'abscons : La phobie des bruits de bouche par exemple, relève davantage de l'anxiété obsessionnelle qu'à une véritable phobie. C'est une forme de rejet social, comme « je » ne contrôle pas mon territoire, l'autre me dérange.

     

    Une phobie peut s'imposer à n'importe quel moment de la vie de tout le monde. Les femmes seraient plus fréquemment touchés par ce phénomène que les hommes ; différents facteurs en sont responsables (hormonales, socio-culturels, familiale...). Stéphane Rusinek, Président de l'association des thérapies comportementales et cognitives dit la chose suivante « le fait que quelqu'un éduque son enfant dans la crainte d'un objet, peut amener l'enfant à devenir phobique. Ce dernier est naturellement enclin à avoir peur... le vrai marqueur d'une phobie est physiologique, comme le cœur qui s'accélère, des difficultées à respirer... La phobie se chronicise et empire lorsque la personne s'habitue à vivre le moins possible en présence de l'objet phobogène. A terme, ces personnes montrent des réactions proche de l'attaque de panique, même si l'objet de leur peur est absent. »

     

    Des études en neurologie montrent qu'un dérèglement du fonctionnement des amydales qui surréagissent avec une activité intense, est responsable d'une crise phobique. Cependant ce trouble complexe guérit plutôt bien. La TCC (thérapie cognitive comportementale) montre une efficacité dans 75% des cas et quelque soit la peur. Le patient doit pour cela s'impliquer totalement dans le processus de guérison et la dernière étape étant de se confronter littéralement à l'objet de sa peur. Tout les spécialistes s'accordent à dire qu'il n'y a que la confrontation du sujet à la situation phobogène qui peut le guérir ; par exemple l'arachnophobe devra prendre une mygale au creux de ses mains... Impensable pour moi... jusqu'à aujourdhui !

     

    Allez on joue ? Réfléchissez sans vous servir d'Internet dans un premier temps, de quelle phobie il s'agit parmi les 4 propositions ci-dessous :

     

    Machairophobie

    Nomophobie

    Nosophobie

    Ophidiophobie

     

    résumé depuis un article de presse © le figaro santé #3 / 1er trimestre 2015

    Franck Schweitzer

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  • Ecole : faut-il supprimer les notes ?

     

     Noter un élève sur 10 ou 20 reste une spécificité française ; Aux Etats-Unis on évalue les élèves avec des lettres de A à E (A étant le meilleur résultat) quant au Danemark et en Suède, il n'y a pas de notation du tout, cependant l'évaluation prend en compte les performances de l'élève, son développement personnel et social, tout ce qui encourage les gamins à dialoguer et à être actifs. Un exemple de pédagogie à méditer ! Au Japon au contraire, la compétition est rude, le tri est élitiste car les petits nippons sont notés sur 100. les familles se saignent aux quatres veines pour permettre à leur enfant de fréquenter la meilleure école et les poussent à faire de brillantes études. Le rythme est effrené et si l'abandon ne fait pas vraiment partie de la culture au pays du soleil levant, c'est plus en terme de suicides que les retombées sont répertoriés. Situations inimaginables dans nos contrées.

    Si chez nous, le baccalauréat et les notes chiffrées restent des institutions, la valeur du diplôme et sa légitimité sont de plus en plus discuté en politique comme dans le public. selon Michel Fize, sociologue au CNRS, « le bac est devenu inutile car noter l'écolier créé de la compétition et un facteur de stress et ce, de la primaire au collège. Il faudrait remettre en avant le parcours de l'élève, ses progrès et les lacunes à améliorer. »

     

    En règle générale quand on leur posent la question, un assez faible pourcentage de français (environ 20%) serait favorable à la suppression des notes. C'est donc un concept très ancré dans la tradition et un changement des mentalités peut être mis en place uniquement à grands coups de pédagogie... Encore ! Mais pour le parent cette-fois. Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'IFOP, pointe le fait que la note permet aux parents de garder le contrôle sur leur enfant, car c'est selon lui, c'est un baromètre qui les rassurent. 39% des enseignements du public estiment qu'on pourrait se passer des notes à la primaire et au collège : En 1969 le gouvernement avait déjà tenté de remplacer les chiffres par des lettres : un fiaco. Aujourd'hui on pense à une évolution du système de notation car les petits français seraient parmi les plus malheureux du monde selon le ministre Vincent Peillon.

     

    L'esprit de compétition est bon, mais sans en abuser !

    C'est donc bel et bien le respect mutuel entre les personnes et la solidarité qui permettrait de bien meilleurs résultats à moyen-long terme. L'histoire de la carotte est de l'histoire ancienne, propre au XXe siècle. Souvenez-vous si l'on promet une prime ou un poste plus important en mettant deux candidats égaux à concurrence, c'est typique du « diviser pour mieux règner », créer des frustrations et des mauvaises ondes. Le système coopératif favorise lui, l'estime de soi en améliorant la motivation à apprendre et l'image-même du professeur est perçu comme plus compréhensif et aidant.

    Le psychanalyste Claude Halmos spécialisé dans l'éducation de l'enfant rappelle qu'il faut apprendre à ce dernier à gagner pour lui-même plutôt que d'écraser les autres. Lui expliquer sereinement que la vie est un jeu, qu'il y a des gagnants et des perdants, qu'il a sa place lui aussi dans ce monde, tout en lui faisant comprendre qu'il doit se battre pour son idéal et mettre toutes les chances de son côté pour y parvenir mais sans vouloir à tout prix impressionner les autres, enfin que c'est le chemin parcouru et l'expérience plus que la récompense elle-même qui est primordiale. A l'inverse ce qu'il ne faut surtout pas faire serait de le laisser gagner au jeu tout le temps, lui dire oui sans limite et ne poser aucune règle ; Ca ferait de lui un enfant-roi qui penserait que tout lui est dû.

     

    Franck Schweitzer

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    Selon un sondage IFOP de 1997 (les chiffres ont depuis évidemment évolués) les salariés pensaient de leur patron qu'ils étaient autoritaires à 70% et paternalistes à 48%.

    De l'indifférence à la flatterie, en passant par l'autorité la plus sèche, votre chef vous inflige des retournements de situations pénibles. Il veut obtenir de vous un soutien, une obéissance ou une crainte. J-Louis Muller, directeur management et RH à la CEGOS pense la chose suivante « aujourd'hui il n'est plus question pour un patron de manipuler ouvertement son salarié ; en revanche il a toujours pour rôle de faire faire aux autres ce qu'ils ne feraient pas spontanément. Ces moyens de soumettre leurs salariés, les patrons les apprennent sur les bancs des grandes écoles ou en séminaires. Les patrons apprennent à vous connaître, faites-en autant » Dès le départ ils observent leur interlocuteur, une personne qui s'excuse avant de parler manque de confiance et d'estime de soi ; si une personne semble être toujours d'accord et a du mal à dire non, elle aura peur d'affronter les conflits, etc. Le patron n'aura ensuite qu'à adopter son attitude en fonction. Voici 3 portraits-types, mais la liste n'est pas exhaustive :

     

    - L'envahisseur ira jusqu'à s'immiscer dans votre sphère privée, il cherche à régenter votre vie, vous déstabiliser afin d'augmenter l'emprise qu'il a sur vous. Coupez court à toute tentative, répondez « non » poliment et calmement et en cas de doute si votre téléphone sonne le dimanche matin, filtrez à l'aide du répondeur.

    - Le persécuteur vous lance des piques assassines. Lorsqu'il prend la parole c'est pour rappeler des évidences, il emploie rarement le « je » et n'utilise que des phrases toutes-faites. Il s'arrange à vous laisser croire que vous êtes certainement moins compétent que lui et vous amène à douter de vous en permanance. Montrez qu'il ne vous fait pas peur, provoquez-le gentiment par l'humour ou l'ironie.

    - L'accusateur ne vous laisse jamais la possibilité de répliquer, il vous dira « il faut que je vous vois cet après-midi » mais sans fixer l'heure du rendez-vous ». Il laisse les problèmes s'accumuler et évite soigneusement de les régler. En cas de conflit, il reste volontairement dans le flou. Ne laissez pas la situation s'envenimer et gardez des traces justifiant votre travail de façon à pouvoir vous défendre si cela se gâte.

     

    Heureusement que les temps changent et qu'aujourd'hui ce type de comportement appelé harcèlement moral, est montré du doigt, jugé et condamné par l'Inspection du Travail en premier lieu. L'époque du paternalisme absolu et primaire est définitivement révolu ; le XXIe siècle a apporté avec lui le management par la bienveillance et le droit à l'erreur. Encourager plutôt que blâmer, comprendre plutôt que sanctionner. Linkedin n'est pas seulement un réseau social et professionnel, c'est aussi une vitrine qui permet aux salariés et aux recruteurs de se renifler à distance avant de travailler ensemble ou non. Chaque élément du profil, likes ou préférences partagé, sont autant de carte de visite pour celui qui viendra visiter votre page, et lui permettra de savoir quel profil conviendrait le mieux à l'image de son entreprise.

     

    Sans entrer dans un délire complotiste, Linkedin ne serait-il pas un outil nouvelle génération créé par ces mêmes grandes écoles, dans le but là encore d'observer l'interlocuteur, ses goûts, ses passions pour ensuite mieux l'amadouer une fois embauché ? Peut-être que si, mais si la bête ne se dévoilera pas aussi facilement, à chacun de nous de faire attention à ce que nous partageons. Suffisamment pour être bankable, sans nous dévoyer.

     

    Franck Schweitzer

    © mon boss est nul mais je le soigne

    © travailler avec des cons

     

     

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    « Doux-dingue » ou encore « perché », les qualificatifs ne manquent pas pour désigner celui qui sort de la norme. Ou plutôt de ceux qui fixent la norme ; car on est tous le fou de quelqu'un, pas vrai ? Je précise que la folie douce n'a rien à voir avec les fous d'une unité psychiatrique, on est tout à fait sur un autre champ lexical.

     

    Au milieu des normaux-pensants, les excentriques ou les originaux (appelez-les comme vous voulez) sont des souffles de vents frais sur les rigidités moroses du quotidien. A la campagne ils sont souvent conspués ou fuits ; à la ville les excentriques sont valorisés et mis en lumière. Parfois leurs déclarations ou leurs faits sont perçus comme géniaux ! La prestigieuse université de Harvard décerne chaque année ses IG Nobel récompensant des recherches scientifiques insolites ou totalement inutiles : C'est comme çà qu'en 1996 le britannique Robert Matthews a été honoré pour son étude sur la chute du Toast ! Sa thèse repose sur la loi de l'emmerdement maximal et les constantes fondamentales. Vaste programme qui donne envie d'en lire davantage, non ?

     

    Il y a deux sortes d'excentriques, le vrai (construire sa personnalité par rapport à son milieu social) et le faux (attirer l'attention avec une tendance mégalomaniaque). Interrogé sur le sujet le Pr David Weeks, responsable de l'unité psychologique de l'hôpital d'Edimbourg, a choisi de travailler sur une seule catégorie de personnes, se qualifiant elles-mêmes d'excentriques : il dit « le fait qu'elles soient conscientes de leur état et qu'elles le revendiquent, les distinguent des schizophrènes et des maniaques. Les excentriques sont des personnes intelligentes, créatives qui préfèrent travailler dans leur coin plutôt que de s'intégrer à une équipe, mais aussi folle que sa tâche puisse paraître, l'excentrique s'investit totalement dans ce qu'il fait : L'ado issu d'une famille bourgeoise qui arborera les cheveux rouges sera excentrique par rapport à son milieu. En revanche le faux excentrique, poursuit le Pr Weeks, suit n'importe quel mode croyant ainsi trouver un moyen de s'exprimer. »  © Quo magazine février 1999

     

     

    Franck Schweitzer

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